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PORTRAIT DE CREATEUR #12 – Avril 2023

Maxim, Atelier Oodelally

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Maxim, de l’atelier Oodelally. J’habite dans le Médoc, à Gaillan en Médoc précisément, avec ma compagne et mon chien et je suis tout juste quarantenaire. Je suis arrivé dans le Sud-Ouest il y a longtemps maintenant, mais j’ai grandi en Île-de-France.

J’ai lancé l’Atelier Oodelally il y a 3 ans et l’histoire du nom est très simple. Vous connaissez le dessin animé Robin des Bois, de Disney ? C’est la chanson 😉 Cela faisait un moment que j’avais ce nom en tête et, quand je me suis lancé, il s’est imposé assez naturellement. Quand les gens ont la référence, il apporte du sourire. Et j’aime bien qu’il soit associé à ce dessin animé en lien avec la forêt !

Comment en es-tu arrivé là ?

Dans ma vie professionnelle « d’avant », j’étais régisseur pour des événements et des médias. Il y a quelques années, j’ai commencé mes recherches sur le bois et j’ai fait des stages chez plusieurs charpentiers, qui travaillaient à l’ancienne, pour vérifier si c’était une activité qui me parlait vraiment avant de me lancer dans une reconversion.

J’ai toujours été attiré par le bois. J’avais en tête d’en faire une reconversion mais je ne voulais pas le faire n’importe comment, sur un coup de tête : j’avais besoin d’être sûr à 200% que mon projet était suffisamment bien cadré et qu’on était sur une envie profonde, et pas une lubie. J’ai donc pris le temps de rencontrer des gens, de participer à plusieurs chantiers, de rénovation et de construction, et ça a clairement confirmé que tout ce qui touchait au bois me touchait aussi !

J’ai donc postulé chez les Compagnons et j’ai intégré les Compagnons du Pays Basque. Je suis diplômé depuis 6 ans maintenant. A l’issue de cette première formation, j’ai continué mon apprentissage chez des charpentiers et des artisans qui travaillent comme moi, c’est-à-dire à la main et à l’ancienne. Et, il y a 3 ans, au moment du confinement – ce n’était pas lié, c’était prévu comme ça -, j’ai pris le temps de lancer pleinement cette activité. J’ai commencé avec des objets et quelques commandes de mobilier. Et, l’année d’après, j’ai lancé les ateliers, qu’ils se passent chez moi ou dans Bordeaux.

Comment définirais-tu ton métier ?

A la base, j’ai donc une formation de charpentier mais je dirai que mon métier c’est d’être artisan du bois : je fais des charpentes (réfection et construction), mais aussi des meubles et des ustensiles du quotidien. Le travail du bois a énormément de facettes. C’est difficile de choisir ! Et c’est important de pouvoir passer de l’une à l’autre selon mes envies.

J’ai eu envie de travailler à l’ancienne, et donc avec des outils manuels, parce que je trouve que le ressenti dans la création n’est pas du tout le même. On n’apprend et on ne ressent pas les choses de la même manière. L’outil à mains demande un apprentissage de la dextérité. L’effort est un peu minimisé avec des outils électriques et surtout on perd le rapport à la matière, très important pour moi. Détail non négligeable : j’aime le silence… Et cette méthode permet aussi de travailler où je veux et quand je veux, sans nuisance sonore !

Mon engagement écologique passe, lui, par le fait de trouver le bois directement dans la forêt, je vais le chercher moi-même. J’ai besoin d’aller en forêt, de voir l’arbre et de le choisir. Je choisis au maximum des arbres déjà au sol. Pour tous les objets que j’ai faits, je me souviens où j’ai prélevé le bois. C’est quand même plus charmant et plus porteur de sens que de penser qu’il vient d’une quelconque enseigne de bricolage ! Je procède comme ça y compris pour mes travaux de charpente. Le seul segment où cela est un peu plus compliqué, c’est pour les commandes de meubles mais, là aussi, je passe par un circuit alternatif : la seconde main !

Qu’est-ce qui te plaît particulièrement dans ce métier ?

Alors l’élément de base : j’aime beaucoup la nature, surtout la forêt et les arbres. Donc je suis enchanté de travailler ce matériau, très beau et noble. J’aime le côté organique du bois. Il a vécu, grandi, il a eu une vie. C’est un élément qui a été animé et qui se retrouve dans mes mains. C’est d’ailleurs pour ça que je ne travaille pas la terre. Je dirai même que c’est un honneur, et une joie, quand j’ai du bois entre les mains et que j’arrive à le transformer en autre chose.

L’autre élément-clé pour moi : l’aspect partage et pédagogie des ateliers. Je suis content de bosser chez moi et d’être tranquille dans ma forêt mais j’apprécie énormément de partager mon savoir-faire. Dès le départ, j’avais cette envie de partage et de transmission. Cela me fait d’autant plus plaisir que, plus de la moitié de mes élèves d’un jour veulent se lancer et acheter du matériel à l’issue de l’atelier. Je trouve cela très gratifiant de me dire que, grâce à moi, les gens se disent « Ah oui, je peux faire des choses comme ça moi aussi ! ». J’apprécie beaucoup ces rapports humains.

Des difficultés dans ce métier ?

Ce n’est pas tant une difficulté qu’une évolution du secteur. Aujourd’hui, le travail du bois au sens large, mais surtout pour la charpente et l’ébénisterie, est dans une phase très industrielle. Les quelques expériences que j’ai eu en entreprise m’ont un peu refroidi dans le sens où, en fait, on perd tout lien avec le bois, avec l’arbre, avec la matière. On travaillerait avec autre chose, ce serait pareil. Je trouve dommage que des gens qui disent aimer le bois n’aient aucune considération pour ce matériau et soient dans une sorte de travail à la chaîne. Je sais bien qu’il y a une question de rentabilité mais je pense aussi qu’on peut travailler autrement. C’est pour ça que je me suis lancé en travaillant à l’ancienne. Pour l’instant, l’expérience me donne raison.  J’aimerai que les gens – clients et professionnels – prennent de plus en plus conscience qu’il y a d’autres voies, sans passer par une industrialisation à outrance.

Comment décrirais-tu ta semaine-type ?

Je suis souvent en déplacement la semaine pour des chantiers. Dans ce cas-là, je suis à 100% concentré sur le chantier.

Le reste du temps, on pourrait dire que ma journée-type ressemble à :

  • Profiter au maximum du matin. Je suis plutôt du matin en fait. Donc une promenade en forêt et dans les marais avec mon chien et arriver tôt dans mon atelier. J’aime cette ambiance matinale, je suis plus productif le matin !
  • Me nourrir pour continuer à être inspiré, l’après-midi, via des lectures, des rencontres, …

Comment imagines-tu tes nouvelles créations ?

Mes créations sont très variées : on va des ustensiles, au travail de charpente, en passant par le travail du tour à bois.

Hormis pour les commandes, en termes d’inspiration, je suis mes envies. J’ai passé une longue période à faire du tour, mais, en ce moment je suis plus sur un travail de charpente. J’aime me laisser porter, me laisser la liberté de travailler telle ou telle facette. La grande richesse du bois c’est qu’il regroupe plusieurs activités en une, il y a plein de sous-catégories à explorer. L’idée peut aussi partir du bois que je vais trouver : je sais très vite à quoi il va pouvoir me servir.

Des conseils pour quelqu’un qui voudrait se lancer dans l’artisanat ?

Suivre son ressenti d’attraction et essayer essayer essayer ! Il faut voir comment, et si, ça prend, si on aime vraiment ça ou pas tant que ça. Et il n’y a qu’une solution : c’est en y consacrant du temps !

Enfin, quels sont tes projets pour la suite et tes actus ?

J’aimerai beaucoup proposer des immersions de quelques jours en forêt avec ateliers (3 jours / 2 nuits) : apprendre à travailler le bois sur place, reconnaître les essences. Peut-être que je vais lancer ça dès cet été !


Pour découvrir l’univers de Maxim et suivre ses actus, visitez son site Internet –  https://oodelally.eu/et suivez-le sur Instagram https://www.instagram.com/oodelally__/!

Crédits photos : Eléonore Grignon, Atelier Oodelally

Portrait chinois

Une saison : le printemps

Une couleur : le orange

Une pièce de la maison : une cabane

Un arbre : un châtaignier

Un objet : un livre

Une odeur : l’odeur des viennoiseries

Une matière : le bois

Un lieu : une forêt des Pyrénées, avec le petit ruisseau et les petits rochers